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Indications chirurgicales des décompressions orbitaires osseuses

 

En raison de leur lourdeur et des risques visuels, oculomoteurs et neurologiques gravissimes qui leur sont inhérents, les décompressions orbitaires osseuses sont réservées à des pathologies graves, précises, très circonscrites.

Je reproduis, ci-dessous, le paragraphe intitulé « indications chirurgicales » de l'article de S. MORAX et H. BEN AYED : Techniques et indications chirurgicales des décompressions osseuses de l'orbitopathie dysthyroïdienne (Journal Français d'Ophtalmologie, Vol. 27, n° 7, pp. 828-844 - Masson, Paris, septembre 2004)

« Le traitement chirurgical de l'orbitopathie dysthyroïdienne est rarement indiqué en urgence, la majorité des équipes privilégient le traitement médical par corticothérapie et la radiothérapie externe.

Deux grands groupes d'indications à une décompression osseuse doivent être différenciés, les indications fonctionnelles, et les indications cosmétiques qui sont de plus en plus fréquentes [14].

La décompression osseuse est réalisée en urgence différée dans deux indications fonctionnelles : l'exposition cornéenne du fait d'une exophtalmie très importante ou d'une rétraction palpébrale majeure et la neuropathie optique compressive non contrôlée par les autres thérapeutiques (traitement médical corticoïde et radiothérapie) avec une menace pour l'acuité visuelle.

Elle est indiquée à distance pour les exophtalmies défigurantes ou très asymétriques. Il s'agit là d'une indication purement cosmétique qui est décidée chez des patients complètement stabilisés sur le plan thyroïdien et chez qui le préjudice esthétique et souvent social et professionnel justifie la perspective d'intervention. »

Ainsi, nous voyons que  les petites gênes palpébrales, quelles qu'elles soient, ne font pas partie de ces indications chirurgicales.

Pourtant, le Dr Gilles CHAINE, expert ophtalmologiste ayant dirigé la 2ème expertise médicale judiciaire (14 février 2007, hôpital Avicenne, Bobigny), voudrait nous faire croire que pour traiter une paupière qui ferme mal, c'est à dire une question de peau, il faut absolument faire une opération de décompression orbitaire, c'est à dire aller fouiller, creuser et casser dans les orbites, en passant derrière les globes oculaires, invalidant ainsi le patient à vie en causant des lésions visuelles, oculomotrices et neurologiques, irréversibles :

« … l'inocclusion palpébrale était vraisemblablement due à l'exophtalmie et donc le traitement de l'exophtalmie était le passage obligé pour résoudre le problème de l'inocclusion palpébrale. » (p. 17 du rapport)

Le Pr CHAINE n'hésite pas à faire cette déclaration alors même que ces opérations m'ont rendue invalide tout en aggravant la malocclusion palpébrale qu'elles étaient censées traiter – preuve évidente, me semble-t-il, que la décompression orbitaire par voie coronale n'est pas faite pour traiter les paupières. En effet, les chirurgiens – qui  ne se sont préoccupés que de l'exophtalmie, pas de la malocclusion – ont malencontreusement raccourci les fentes palpébrales par inadvertance, relâchant d'autant les paupières inférieures, et empêchant ainsi l'occlusion malgré un léger recul des yeux.

En l'occurrence, la déclaration du Pr CHAINE n'a que peu de choses à voir avec les données acquises de la science et de la pratique médicales. Elle vise uniquement à  ce que la faute de la « mauvaise indication chirurgicale » ne soit pas retenue contre le Dr TAZARTES, chirurgien qui avait prescrit et réalisé la 1ère DOO. Et, en effet, elle ne fut pas retenue contre lui.

Le défaut d'information n'a pas, non plus, été retenu contre le Dr TAZARTES, alors que je n'ai cessé de proclamer qu'il ne m'avait informée d'aucun risque et avait nié ceux que j'avais évoqués et, en particulier, le risque de strabisme – et donc de diplopie, puisque la diplopie est un type strabisme. En effet, Mme BOUVARD, patiente qu'il m'avait indiquée,  m'en avait parlé en décembre et j'ai abordé la question avec lui  lors de la consultation du 7 janvier 1999, soit, l'avant-veille de l'opération de décompression orbitaire. (Voir article : Questions posées au Dr TAZARTES avant l'opération; ses réponses.)

Bien que la loi l'exige, l'Expert CHAINE n'a pas demandé au Dr TAZARTES de fournir la preuve qu'il m'avait, en effet, informée des risques.

 Quant au Dr TAZARTES, sa position sur la question est édifiante. Occultant le fait qu'il m'a délibérément trompée sur les risques et oubliant qu'il appartient au chirurgien (pas au patient, qui n'y entend rien) de fournir l'information nécessaire sur l'intervention, le 3 mars 2009, jour de la réunion de (non-) conciliation dans le cadre de ma plainte à son encontre devant l'Ordre des médecins, il m'a carrément rendue responsable du fait qu'il ne m'avait pas informée – et m'avait désinformée – des risques opératoires :

« Madame Bucher est une femme intelligente. Elle doit savoir quelles questions poser avant une intervention chirurgicale. »

L'aplomb de ces gens-là est vraiment extraordinaire ! Que ce soit le monde à l'envers ne les gênent pas du tout !

Comment un patient pourrait-il deviner, comment pourrait-il imaginer des risques dont il n'a aucune idée, dont il n'a jamais entendu parler et dont, précisément, son médecin vient de lui dire qu'il n'y en avait pas – hormis quelques hématomes et, peut-être, ou peut-être pas même pas, une vision floue pendant quinze jours !

Il se trouve, cependant, que le Dr TAZARTES m'avait indiquée une patiente, opérée de la même chose – qui m'a parlé de strabisme. (La diplopie est un strabisme. Très Vraisemblablement, la patiente a dû utiliser le terme de « diplopie » mais, voyant que je n'avais aucune idée de ce que c'était, elle a dû reformuler en utilisant le mot « strabisme ».) Inquiète de ce risque, j'en ai parlé au Dr TAZARTES le 7 janvier 1999, soit l'avant-veille de l'opération. Il a nié tout risque de strabisme me concernant… puis, après l'opération, le jour de ma sortie d'hôpital, il m'a tranquillement expliqué que ce que je lui décrivais de ce que je voyais correspondait à une vision double ou diplopie.

 

Azureine, victime de fautes médicales et d'expertise judiciaires bidon



07/06/2010
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